J’ai terminé ma première version de scénario le 15 novembre. En tout, de l’idée de raconter cette histoire à cette première mouture, 8 semaines environ se sont écoulées.
C’est une version brute, j’y teste des scènes, j’amorce des pistes à explorer, des personnages, bref elle est très perfectible, mais elle contient, tout ce que je veux raconter dans mon prochain film, et même ce que je raconte sans le savoir !

Je l’ai donné à lire à mon producteur, Olivier B. 2 heures plus tard j’ai reçu un SMS, - « j’ai lu ! »
J’attends toujours les retours avec appréhension : - le scénario va-t-il être apprécié ? Est-ce que je suis à côté de la plaque ?
J’ai de la chance d’être lue rapidement. Souvent les scénarios attendent des semaines coincés dans des piles de manuscrits qui s’entassent sur les bureaux des producteurs.
Cette chance n’en est pas vraiment une. Je suis associée à la société de production qui produit mes films, j’ai contribué à sa création en 1999. Désir d’indépendance, désir de ne pas trop dépendre du désir des autres.

Discussion avec Olivier. Il m’a donné deux pages de notes. Il aime l’histoire et pense que ça peut faire un beau film. Ouf !
- Si c’est le film que tu veux faire, allons-y !
Ce « allons-y !», balancé avec légèreté, pèse quand même 150 000 euros qu’il va falloir trouver ! Nous sommes d’accord sur la durée du film, 45 minutes environ.

Ajustements. Son regard de producteur est toujours très direct : Ce qui va/ce qui ne va pas. Je suis d’accord avec la plupart de ses remarques concernant l’écriture de cette nouvelle histoire, ses manques, et ses qualités. J’écoute, même si sur certaines je résiste, ou si je ne comprends pas bien quand il me dit :
-Là, je ne sais pas pourquoi, mais il y a quelque chose qui ne va pas.
Je vais devoir trouver ce qui provoque ce petit flou dans telle séquence et pour cela il est impératif de bien écouter, de prendre le temps de bien réfléchir à ce qui est dit. - Un scénariste ne doit pas dire non ! m’a appris Outi Nyytajaa, professeur de dramaturgie à l’école de cinéma d’Helsinki.
Je vais repartir pour une deuxième version, il faudrait qu’elle soit prête fin novembre me suggère Olivier.
Je pense que c’est possible pour la première semaine de décembre.

Après cette première version, les images du film apparaissent peu à peu, quand je ferme les yeux, je peux déjà voir certaines séquences, j’ai trois semaines pour éclaircir celles qui sont floues.
Cette nouvelle histoire est un road movie, de Brest-France à Brest-Biélorussie, Brest Ouest / Brest Est, via Calais, Berlin, Varsovie, 2400km environ. Avant de reprendre l’écriture, et notamment les descriptifs des décors du film, je vais sur le net voir des images des paysages traversés par le personnage. Des idées naissent de ces images. Comme cette photo prise dans une petite ville à la frontière Pologne/Biélorussie : des dizaines de robes de mariée blanches sèchent au soleil dans un champ ou cette immense étoile dressée à l’entrée de Brest Est.

Parallèlement à l’écriture, je dois m’occuper de mon précédent film qui va bientôt sortir en salle. Autres écritures : rédaction du dossier de presse, de dossiers administratifs, documents de communication, courrier aux partenaires. Bon, ce n’est pas ce que je préfère, mais faut le faire.
Il est parfois difficile de jongler entre ces deux sortes d’écritures. J’organise mon temps : le matin, écritures pour la distribution de mon film précédent, l’après midi, écriture du film à venir. Sur le papier c’est simple, dans la tête un peu moins parfois. Il y a des petites sautes d’idées.

A suivre…