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Jeudi 8 Février

Virginie, graphiste
par
descriptionsalicefr
le jeu 08 fév 2007 22:00 CET
Je suis graphiste - je fais aussi de la direction artistique.
J'ai 39 ans.
Je vis à Paris.
Je travaille depuis 1991, soit 15 ans.
Mon travail consiste à harmoniser textes et images, blanc, espace, et créer un confort de lecture, donner envie de lire, ou de prendre en main un objet.
Les supports sont très variés.
Cela peut aller d'un livre d'art, à un dépliant pour un musée, ou encore une affiche, une pochette de disque, un logotype décliné sur toute sorte de supports, sac, étiquette,
ou encore un catalogue de mode, un magazine, une simple carte de visite ou un ouvrage complexe tel qu'un guide de musée national.Il faut imaginer, mettre en scène la typographie, les couleurs, des niveaux de lectures.
Choisir le ou les papiers, le format, le conditionnement.
Donner une forme à celui-ci. Et suivre la qualité d'impression.
Parfois faire intervenir un illustrateur ou un photographe, styliste :
Concevoir un objet dans sa globalité.
On collabore avec des rédacteurs, journaliste, et correcteurs.
J'ai toujours voulu dessiner.
J'ai dévié des études d'architecture aux études de graphisme, me sentant plus en lien avec ce qui est éphémère et rapide, avec les couleurs et les lettres, la typographie.
J'avais commencé par un stage dans la presse au sein du magazine Jardin des modes.
Puis j'ai été salariée dans une agence de com, au tout début de mon expérience, là ou j'ai pu apprendre les bases. Avec un smic.
Ensuite je me suis mise tout de suite en free lance, inscrite à la maison des artistes, et j'ai démarché avec un dossier en main.
Là j'ai travaillé à la fois sur des petits projets de logotype, de papeterie pour des particuliers puis dans une agence de graphisme culturel, très chouette.
Je gagnais à l'époque déjà un peu plus que le smic environ 1400 euros mais, je payais mes charges dessus.
J'ai toujours aimé démarcher, créer des contacts. Le réseau s'est tissé
facilement.
Lorsque j'ai quitté cet endroit je suis rentrée dans un magazine féminin, et je n'ai plus arrêté d'aller d'agences de graphisme, en bureaux de style, et magazines.
Mes revenus ont augmentés petit à petit quand je suis devenue assistante à la direction artistique puis directrice artistique dans la presse. Environ 3000/3500 euros à l'époque.
Un jour j'ai décidé d'arrêter de donner ma création pour un prix dérisoire comparé à ce qu'elle était vendue par les agences pour lesquelles je travaillais, et qui ajoutaient leur nom dessus, n'hésitant pas à
déformer ou transformer allègrement la création de base.
Ce qui est intéressant c'est d'être maître jusqu'au bout de sa création, de
négocier avec le client, de travailler main dans la main avec lui pour
arriver à un projet qui correspond à ces envies, et porte tout cela vers le
haut.
J'ai pris un petit atelier dans un quartier sud de paris, et j'ai
demandé à une amie avec laquelle je travaillais bien, de s'associer avec
moi.
Voilà 7 ans que nous travaillons ensemble.
Maintenant nous
avons quitté l'atelier et nous travaillons chacune chez nous. Nous sommes à
10mn de vélo et internet participe à cette souplesse de travail que nous
revendiquons largement.
Nous ne sommes pas en société. Nous avons notre statut libéral. Nous nous
répartissons les gains.
Les clients aussi divers soient-ils, s'y sont très bien faits, même de grosses
institutions (comme un conseil régional, ou une grosse entreprise
internationale).
Nous faisons la création ensemble, puis nous nous répartissons les tâches,
pour la réalisation.
Nous sommes aujourd'hui rodées sur notre façon de travailler, et donc
plus rapides.
Certains projets sont plus passionnants, et d'autres plus laborieux. C'est
souvent une histoire de rapports humains.
Nous avons laissé le milieu de la mode et même de la presse, de côté depuis
quelques temps et sommes plus attirées par le livre et le culturel en général.
Parfois un petit projet institutionnel qui ne paraît pas passionnant peut le
devenir par notre seule volonté, curiosité et aussi grâce au client lui
même. Son ouverture d'esprit joue un vrai rôle.
Les institutions peuvent payer avec des délais de 6 mois/ un an de retard si
le projet à mis du temps à se faire. C'est important d'avoir une trésorerie.
L' édition en générai paie mal. Et ça ne va pas du tout dans le bon sens:
des monstres de l'édition (par exemple hachette Livres) n'hésitent pas à
baisser les prix de tous les prestataires, alors que le coût de la vie
augmente - une vraie raison de s'alarmer et aussi de se révolter.
Nous nous battons pour nous faire respecter. Le domaine institutionnel ou presse
d'entreprise est beaucoup plus rémunérateur.
Un exemple : une création et réalisation d'un livre d'art nous donnera en honoraires 5000 euros (160 pages environ) (à partager en deux et avec nos charges à payer) - parfois pour un travail étalé sur plusieurs mois.
Par ailleurs un appel d'offre pour un rapport annuel d'une grosse société
Média TV, paiera la création de 10 doubles pages 3000 à 6000 euros selon que
le projet est accepté ou refusé. Ce sera au plus une semaine complète de
travail.
Il faut savoir que nous avons à peu près 40% de nos revenus qui
partent dans les charges.
Aujourd'hui je sais que je tiens à garder cette précieuse liberté que je paie cher.
Je sais aussi que je veux continuer à faire des livres car c'est un moyen de travailler sur des projets au long court et souvent intéressants.
Ceux-ci me permettent d'envisager, qu'un jour proche, je pourrais prendre un
ordinateur portable et aller travailler en toute saison une semaine par-ci
par là dans ma petite maison de bois Bretonne - mon rêve!
Internet permet de nous relier au monde. Et nous ouvre encore plus de porte
vers l'échange et la liberté si nous arrivons à "gérer" ce grand tourbillon.
Je reste persuadé néanmoins que les rapports humains sont essentiels, et
internet nous en éloigne.
La communication au sens ou on l'emploie aujourd'hui est aussi un moyen de se couper des autres. C'est assez contradictoire…mais bien réel.
Mercredi 7 Février

tenir
par
descriptionsalicefr
le mer 07 fév 2007 22:38 CET
Je suis heureuse que votre blog continue d'exister.
Je trouve que cela va lentement, j'aurais imaginé une traînée de poudre !!!
C'est certainement un peu décevant. D'une part, on se rend compte que c'est difficile de faire s'exprimer les personnes dans l'intérêt général, surtout par écrit donc.
Il a peu d'interventions (pour ma part, je suis intervenue une fois)
D'autre part, le contenu laisse un peu le lecteur sur sa faim. Je veux dire en nombre de témoignages.
D'autre blogs fonctionnnent à plein régime, par thème.Les gens cherchent à partager des informations: ils posent des questions et se répondent les uns les autres.
Ou bien ils donnent leur avis sur un thème, et discutent en cherchant à convaincre ( c'est plus simple d'argumenter en quelques lignes avec un langage parlé).
La finalité de votre site est toute autre. Si vous devez tout retranscrire vous-même, je comprend mieux qu'il soit un peu long à prendre forme.
Peut-on vous aider ?
Je lis avec plaisir une rubrique assez régulière dans le quotidien "libération", où des personnes s'expriment à propos de leur travail, ou de leur activité principale, cela me rappelle votre projet, et c'est souvent très pertinent. On y apprend beaucoup sur l'activité et la nature humaine.
Bonne continuation, cordialement,
Dimanche 21 Janvier

Les tourments d'une lycéenne
par
descriptionsalicefr
le dim 21 jan 2007 21:51 CET
De la difficulté de s’orienter…des couloirs du lycée au couloir de la faculté.
Paris, premier septembre 2006 : C’est la rentrée des classes, cette année nous sommes 22 élèves à rentrer en terminale L - dans la bouche de nos professeurs 22 élèves qui ont choisi cette section parce qu’ils n’étaient pas intéressés par la perspective d’un salaire élevé.
Pour d’autres, la filière littéraire n’est qu’une classe déchets où vont ceux qui ne savent pas quoi faire de leur avenir…
Mais c’est bien là qu le problème se pose : au lycée, et en terminale L plus particulièrement, nous souffrons d’une cruelle désinformation. On s’entend dire à diverses occasions que l’ANPE est notre futur point commun. Encore faudrait-il nous informer un minimum sur les études avant de nous donner ce tableau pessimiste et déprimant, sans doute proche de la réalité, du monde du travail. C’est sur le moyen d’accéder au monde du travail que nos équipes pédagogiques se focalisent.
Dans beaucoup d’établissements scolaires, du moins de lycées, existe un « bureau d’aide à l’orientation ». Et c’est là que ça coince. Ces bureaux ne sont que rarement tenus par des conseillers d’orientation, ils sont tenus par des bénévoles qui ne sont, pour la plupart, peu ou pas du tout en mesure d’aider les élèves en quête de renseignements.
Un lycéen, une lycéenne comme moi tentera alors d’obtenir des informations auprès d’adultes travaillant dans la fillière qui l’intéresse. Encore faut-il alors qu’il sache ce qui l’intéresse : il est fréquent qu’un élève de terminale n’ait aucune idée de ce qu’il veut faire plus tard. Et c’est normal.
Ce qui l’est moins, c’est que le manque d’information mise à notre diposition se double d’une pression pour que nous nous inscrivions quelque part. Car il est désormais nécessaire pour entrer à l’Université ou dans certaines écoles de déposer un dossier de pré-inscription en janvier. Les choix devant se faire dans la rapidité, se font aussi dans le stress, la précipitation. Et l’ensemble de ces facteurs risque fort de conduire à une orientation inadaptée.
Dans cette mesure on peut se demander si le taux échec si élevé dans les universités est uniquement dû au manque de travail. Qui sont et où sont les conseillers qui pourraient nous aider réellement dans notre orientation ?
Mercredi 10 Janvier

voeux
par
descriptionsalicefr
le mer 10 jan 2007 21:39 CET
Il ne faudrait pas croire que je ne m'occupe plus de ce blog.
J'y pense tous les jours. Simplement j'ai été très occupée ailleurs, je vais encore l'être jusqu'à la fin février. Je cueille au passage quelques témoignages que j'enregistre et mettrai sur le blog en son temps.
je reste persuadée que pour le moment c'est une des choses que j'ai à faire: demande aux gens de me raconter ce qu'ils font.
je constate aussi qu'il faut privilégier l'enregistrement sur l'écrit direct, car les gens sont très occupés, pas forcément si à l'aise que cela avec le fait d'écrire, dérangés par le temps que cela prend.
Cela dit ,si vous lisez ce billet et que vous êtes en train d'écrire, je vous attends avec impatience.
Je constate qu'à part deux amis qui ont eu la gentillesse d'intervenir, il n'y a pas de commentaire sur ce blog. je ne sais pas ce qu'il faut en penser, c'est comme ça. Il me semble que ça n'a pas beaucoup d'importance.
En principe, courant 2007, ce blog devrait passer sur un site wiki que je suis en train d'élaborer avec des amis. Il y aura alors des possibilités d'intervention plus direct, peut -être que ça changera quelque chose...
Je suis consciente que la forme actuelle est lourde et un peu rébarbative. A vrai dire, je ne sais pa comment faire pour le moment. Je n'ai pas envie de demander des témoignages plus courts. Mon intention est de continuer à accumuler de la matière , disons jusqu'à l'automne prochain.
J'ai la croyance, qu'en avançant , des idées de présentation, d'intervention, d'agencement, vont venir. Bien sûr je suis ouverte aux suggestions.
Voilà pour ce soir.
C.L.
Lundi 27 Novembre

Marijka - cinéaste (2ème volet) - avancée d'un film en cours d'élaboration
par
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le lun 27 nov 2006 22:05 CET
J’ai terminé ma première version de scénario le 15 novembre. En tout, de l’idée de raconter cette histoire à cette première mouture, 8 semaines environ se sont écoulées.
C’est une version brute, j’y teste des scènes, j’amorce des pistes à explorer, des personnages, bref elle est très perfectible, mais elle contient, tout ce que je veux raconter dans mon prochain film, et même ce que je raconte sans le savoir !
Je l’ai donné à lire à mon producteur, Olivier B. 2 heures plus tard j’ai reçu un SMS, - « j’ai lu ! »
J’attends toujours les retours avec appréhension : - le scénario va-t-il être apprécié ? Est-ce que je suis à côté de la plaque ?
J’ai de la chance d’être lue rapidement. Souvent les scénarios attendent des semaines coincés dans des piles de manuscrits qui s’entassent sur les bureaux des producteurs.
Cette chance n’en est pas vraiment une. Je suis associée à la société de production qui produit mes films, j’ai contribué à sa création en 1999. Désir d’indépendance, désir de ne pas trop dépendre du désir des autres.
Discussion avec Olivier. Il m’a donné deux pages de notes. Il aime l’histoire et pense que ça peut faire un beau film. Ouf !
- Si c’est le film que tu veux faire, allons-y !
Ce « allons-y !», balancé avec légèreté, pèse quand même 150 000 euros qu’il va falloir trouver ! Nous sommes d’accord sur la durée du film, 45 minutes environ.
Ajustements. Son regard de producteur est toujours très direct : Ce qui va/ce qui ne va pas. Je suis d’accord avec la plupart de ses remarques concernant l’écriture de cette nouvelle histoire, ses manques, et ses qualités. J’écoute, même si sur certaines je résiste, ou si je ne comprends pas bien quand il me dit :
-Là, je ne sais pas pourquoi, mais il y a quelque chose qui ne va pas.
Je vais devoir trouver ce qui provoque ce petit flou dans telle séquence et pour cela il est impératif de bien écouter, de prendre le temps de bien réfléchir à ce qui est dit. - Un scénariste ne doit pas dire non ! m’a appris Outi Nyytajaa, professeur de dramaturgie à l’école de cinéma d’Helsinki.
Je vais repartir pour une deuxième version, il faudrait qu’elle soit prête fin novembre me suggère Olivier.
Je pense que c’est possible pour la première semaine de décembre.
Après cette première version, les images du film apparaissent peu à peu, quand je ferme les yeux, je peux déjà voir certaines séquences, j’ai trois semaines pour éclaircir celles qui sont floues.
Cette nouvelle histoire est un road movie, de Brest-France à Brest-Biélorussie, Brest Ouest / Brest Est, via Calais, Berlin, Varsovie, 2400km environ. Avant de reprendre l’écriture, et notamment les descriptifs des décors du film, je vais sur le net voir des images des paysages traversés par le personnage. Des idées naissent de ces images. Comme cette photo prise dans une petite ville à la frontière Pologne/Biélorussie : des dizaines de robes de mariée blanches sèchent au soleil dans un champ ou cette immense étoile dressée à l’entrée de Brest Est.
Parallèlement à l’écriture, je dois m’occuper de mon précédent film qui va bientôt sortir en salle. Autres écritures : rédaction du dossier de presse, de dossiers administratifs, documents de communication, courrier aux partenaires. Bon, ce n’est pas ce que je préfère, mais faut le faire.
Il est parfois difficile de jongler entre ces deux sortes d’écritures. J’organise mon temps : le matin, écritures pour la distribution de mon film précédent, l’après midi, écriture du film à venir. Sur le papier c’est simple, dans la tête un peu moins parfois. Il y a des petites sautes d’idées.
A suivre…
Samedi 11 Novembre

Un travail d'architecte...
par
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le sam 11 nov 2006 09:06 CET
Je suis architecte.
Suite à mon diplôme j'ai poursuivi mes études par un 3ème cycle dans le domaine du paysage et de l'aménagement.
Je suis salariée depuis 9 ans dans une agence où je travaille sur des projets liés à des problématiques urbaines, ou, plus rarement, sur des projets en secteur agricole ou en milieu naturel. Je gagne environ 2.000 euros net par mois, en ne travaillant pas le mercredi.
J'ai 37 ans. Je vis au bord de la mer Méditerranée.
Parcours
L'idée préalable, lorsque j'ai commencé mes études d'architecture était le plaisir de concevoir des espaces. Les espaces liés à l'intime et au quotidien surtout, la maison.
Puis, en enchaînant sur des études de paysage, réfléchir aux liens que ces espaces créés entretiennent avec les lieux dans lesquels ils se trouvent.
Aujourd'hui, dans mon travail quotidien, il me semble que le souci principal est de maintenir une cohérence et la possibilité d'une appropriation individuelle des lieux et des espaces (la cohérence fait appel à des références culturelles, physiques, inconscientes, etc....).
Mon travail quotidien me satisfait : plaisir de concevoir, travail sur les liens avec un contexte, physique ou culturel. Sauf que je ne travaille pas sur la notion de privé ou d'intime.
L'agence
Il s'agit d'une structure privée. L'activité consiste à exécuter par le biais de marchés passés avec un client, des projets d'aménagements. La commande que nous avons est, par choix, exclusivement publique.
Les projets concernent l'aménagement d'espaces urbains, d'infrastructures, la restauration d'espaces naturels, de lieux patrimoniaux ou d'installations classées (industries).
La structure est petite, nous sommes actuellement cinq personnes (c'est peu, habituellement nous sommes plus nombreux, jusqu'à une dizaine). L'équipe est pluri-disciplinaire : paysagiste, ingénieur, et moi architecte. Et il y a une secrétaire et un infographe.
Rôle de chacun
Dans l'agence, chacun fait ce qu'il veut, à peu près.
On tient informé le responsable de l'agence qui généralement nous renvoie à nos responsabilités, il n'a ni le temps ni la disponibilité ni souvent l'envie de s'occuper des projets qui ne sont pas les siens. Il est généreux et disponible en cas de problème.
Les maîtres d'ouvrage
C'est par ce terme que l'on désigne nos clients, nous sommes, nous concepteurs, les maîtres d'oeuvre.
Les clients sont des collectivités locales ou territoriales : communes, Conseils Généraux, Conseils Régionaux, ministères, ou leurs émanations, parcs régionaux ou nationaux, conservatoires (d'espaces littoraux ou naturels), etc....
Selon le montant du marché et le type d'aménagement, ils nous sollicitent directement, ou nous répondons par candidature aux annonces qui paraissent -de façon obligatoire pour les marché publics.
Les partenaires
Nous travaillons seuls ou au sein d'équipes, constituées, selon les projets, par des architectes et/ou architectes du patrimoine, des urbanistes, des ingénieurs, des scénographes, des botanistes, des écologues, des spécialistes d'économie touristique, des juristes, des designers, des plasticiens, des éclairagistes, des sociologues, etc....
Les projets
Ils débutent généralement par une phase d'analyse de site à l'issue de laquelle sont donnés le diagnostic et les enjeux d'aménagement.
Commence alors la phase du projet proprement dit, esquisses, avant-projet et projet. Cette phase est faite d'incessants aller-retour/réunions avec toutes les personnes concernées : nous concepteurs apporthttp://admin.aliceblogs.fr/admin/images/edit_bold.gifons nos dessins/maquettes auxquels chacun réagit en avançant ses arguments spaciaux, techniques, fonctionnels, esthétiques, financiers, etc....
Lorsque le projet est abouti, suivent les phases de réalisation : réalisations des documents techniques, consultation des entreprises, chantier, réception des travaux.
Par exemple, les projets que j'ai actuellement sont :
– la réhabilitation des espaces extérieurs d'un lycée datant des années 60 et recevant 4.000 élèves
– la réalisation d'un petit espace public, place et passerelle piétonne sur rivière dans une petite ville ouvrière
– une étude à partir de cas types en vue de la réhabilitation de campings sur le littoral méditerranéen
– la restauration d'un jardin classique à la française appartenant à une collectivité, en vue de son ouverture au public au sein d'un domaine plus vaste
– la réalisation dans une grande ville d'un cheminement piéton en bord de fleuve
– plusieurs projets concernant la problématique, quotidienne pour nous, récurrente et essentielle des formes actuelles d'extension urbaine, réflexions visant à stopper le phénomène pavillonaire.
Des limites
– la volonté des élus. Elle peut être énoncée de façon directe et brutale (par exemple un maire qui dit « je ne souhaite pas ouvrir ce secteur de la commune à l'urbanisation [secteur indiqué comme étant favorable par nous, équipe pluridisciplinaire payée cher pour ses compétences] puisque ce ne sont pas les terrains de mon gendre et ma fille » [et donc les retombées financières d'urbaniser un nouveau secteur ne leur reviendront pas]).
Elle peut être plus pernicieuse et argumentée par de bonnes raisons (par exemple, une grande ville qui ne souhaite pas relier les quartiers à l'écart d'une ZUP des années 70 au reste de la ville peut faire prévaloir la nécessité de maintenir une « coupure verte » notion en vogue censée pérenniser un espace naturel en milieu urbain, etc.... les exemples sont innombrables)
– les lenteurs administratives qui peuvent enliser à la longue un projet intéressant et motivé. Ou ce que l'on appelle aussi lenteurs administratives mais qui en réalité relève des lenteurs humaines, voire de l'incompétence
– rarement l'argent. Je ne trouve pas, dans ma pratique, que ce soit un réel problème, il y en a toujours un peu, et les solutions les meilleures ne sont pas forcément les plus onéreuses. C'est la répartition qui est faite de cet argent qui reste discutable.
Un exemple qui synthétise ces limites : une commune nous demande un projet de réhabilitation d'une place de village.
Après visite des lieux, la place nous semble presque parfaite comme elle est, un peu désuète mais pleine de charme. Nous rechignons à faire un projet sur cet espace, qui en serait certes transformé, pas en moins bien sûrement, mais pas nécessairement en mieux non plus. Le conseil municipal tient cependant à montrer à ses électeurs qu'il « améliore » leur cadre de vie. Nous n'avons pas prise sur le budget du village, nous pouvons dire aux élus de dépenser l'argent ailleurs mais ils trouvent que nous outrepassons notre rôle. Et notre rôle est précisément le plus « voyant », ils rappellent donc, nous ou quelqu'un d'autre pour « faire » le projet. On peut tenir bon : dépenser un peu d'argent sur quelques actions légères, changer un peu de mobilier, proposer une nouvelle gestion plus rationnelle, ect.... mais tenir le cap d'une intervention minimum. C'est rarement satisfaisant pour eux si l'idée est précisément de dépenser et de le montrer.
Ainsi les limites de notre travail : une volonté politique, pas forcément abusive, elle peut être de bonne foi et légitime mais pourtant décalée et/ou incompétente et une répartition budgétaire qui nous semble injustifiée.
L'enthousiasme
– pour les lieux, souvent pleins de magie alors qu'on les pensait banals
– pour les gens, certains élus sincères et scrupuleux, ou des maîtres d'ouvrage dont l'esprit synthétique et lumineux peut faire gagner des années de travail ou sauver un lieu, ou des partenaires de projet subtils, créatifs, érudits, modestes et drôles.
Dimanche 5 Novembre

Martine, muséographe
par
descriptionsalicefr
le dim 05 nov 2006 11:46 CET
Mon métier c’est exposer. Une histoire, une collection, un morceau de territoire, un thème, même. Je m’occupe des contenus d’une exposition, on appelle ça la « muséographie », je suis muséographe.
Mais le nom de mon métier change sans cesse - à une époque je disais « muséologue ». Que la dénomination ne soit pas fixée, fixe, précise, c’est le signe que ce métier est neuf, un siècle à peine. Il était, il est traditionnellement pratiqué par les conservateurs. Mais la muséographie n’est pas que l’affaire des conservateurs, ce changement a commencé avec les musées des ATP et les musées des sciences. Les conservateurs n’aiment généralement pas les muséographes. Lutte de classes.
Je ne sais pas pourquoi j’en suis venue à ça. Enfin je le sais un peu. A un moment, disons vers 20 ans, 22 ans, je suis allée dans des musées et des expositions, de mon propre gré, à Beaubourg par exemple, et j’ai trouvé incroyable, et incroyablement agréable, nécessaire, qu’il y ait des espaces comme ça, où on marche, on entend, on lit, on rit, on comprend, on est avec les autres, on parle, on regarde ensemble, je trouve qu’il n’y a rien de semblable, j’aime qu’il y ait des espaces de cette sorte, j’aime que des tableaux conservés depuis des centaines d’années nous puissions tous les voir. Cela m’a donné des espèces d’ivresse, de jubilation, cela m’en donne toujours, et j’ai envie de donner ça aux autres aussi, voilà ça vient de là. Quand je vais dans un muséum d’histoire naturelle, même le plus ancien, le plus oublié, je biche de voir ces animaux conservés par des générations et des générations successives, et qui sont là, tout est là, a été passé de mains en mains au long du temps, au long des années, avec cette même curiosité devant ce que la nature fabrique, cette joie à observer ça. C’est un plaisir physique, comment dire ?, autant qu’intellectuel.
Récemment j’ai compris un peu mieux comment on pouvait comprendre ça. C’est passé par Michel Foucault. Il parlait des atopies : les cimetières, les bibliothèques, et les musées sont des atopies disait-il, des espaces à part, des a-topies, des non espaces. Pourtant on ne fait que travailler l’espace quand on fait des expos. Mais un espace différent des autres espaces, un espace spécial.
Il suffit de voir comme les corps et les visages des visiteurs dans une expo eux-aussi sont différents. J’ai fait de la topologie, j’aime bien cette idée qu’on crée un espace, pas seulement physique mais un espace mental, un espace d‘émotions, d’apprentissage de découverte, sorti du temps. Un lapsus qui revient souvent chez moi : je confonds le mot musée et le mot cimetière. Je dis par exemple j’aime bien aller en Bretagne le 1er novembre parce que les musées sont fleuris. Ce qui rejoint les atopies de Foucault. Je cherche à faire une exposition sur l’histoire des cimetières.
Etudier. Je n’ai du coup, en faisant ce métier, jamais cessé d’être étudiante. J’ouvre des livres sans arrêt, comme des fenêtres sur le monde, je me plonge dans des machins que je ne connais pas. J’apprends, je lis beaucoup. Ce plaisir de la connaissance est très grand. Enfant on me reprochait d’être curieuse, c’était un péché.
Souffrance. Mon métier c’est ça aussi, beaucoup de souffrance. Il me fait beaucoup, beaucoup souffrir. Parce que ce dont je viens de parler est pris dans un merdier de communication, de commerce, de psychologie, d’audimat et compagnie.
Je souffre presque tout le temps quand je prépare une expo ou un musée, les moments de plaisir sont cachés, accidentels. Ce sont les moments où je découvre les univers, les savoirs, où je cherche comment les donner, les passer. Ce sont aussi les moments où avec d’autres, nous cherchons comment traduire, exprimer, où on cherche la forme, les formes : avec les architectes, qui s’occupent de l’espace, des volumes, des lumières (ce sont des scénographes, mot d’ailleurs emprunté au théâtre), avec des graphistes, avec les réalisateurs des films, des sons, des maquettes, avec tous ces métiers là et d’autres encore. Ces moments de création sont, au bout du compte, brefs, rares, presque volés. J’ai sans arrêt envie d’arrêter ce métier.
Clients. Le potier ou la kinési ont des clients précis, à qui ils proposent de l’argent contre quelque chose qui a une matérialité. Pas moi. Mes vrais clients, ce sont les visiteurs et ce ne sont pas eux qui paient mon travail. Et c’est encore plus compliqué : il peut y avoir d’un côté ceux qui paient mon travail, une collectivité territoriale par exemple. Et d’un autre côté, d’autres interlocuteurs, ailleurs, qui sont des « clients » au sens où il faut que ce que je fais leur plaise, leur convienne, les responsables d’un musée dépendant de la collectivité. Ou même parfois, une institution passe commande mais mes interlocuteurs, à qui mon travail doit aller, ne sont même pas dans cette institution directement, par exemple ce sont des scientifiques. Et presque toujours, je peux dire qu’il y a dans les situations de travail une lutte entre mes vrais clients, les visiteurs, et mes clients réels, ceux qui me paient. Ca se bataille car quelquefois, ceux-çi n’aiment pas ceux-là : les commanditaires de l’exposition, ceux qui me paient, ne se soucient pas forcément les visiteurs de l’exposition, ceux qui paient pour la visiter. Je me bataille car j’ai l’impression souvent que penser aux visiteurs me procure beaucoup d‘ennuis avec mes clients réels, mes commanditaires. Parfois j’aurais envie d’avoir un commerce simple : d’être marchande.
Solitude. Je suis archi seule, et je dois l’être me semble-t-il, je ne m’en plains pas, quand je prends connaissance d’un sujet ou d’une collection et que je cherche et que je trouve comment faire avec. J’ai souvent peur de ce que je suis en train de faire. Cette même peur me fait beaucoup travailler, douter, hésiter, reprendre, etc. A la fois flipper et être excitée. Je suis seule dans bien d’autres moments, les moments où il faut défendre ceci et cela, ou lâcher ou pas sur telle ou telle chose. Et il y a aussi quand on fait des expos, de l’équipe, il y a plein de gens, avec d’autres métiers, d’autres soucis, d’autres manières d’être. J’aime ça, ça ouvre, ça donne de l’air. Mais ça m’exténue aussi parfois.
L’argent. Je ne peux jamais me faire payer pour tout le temps que je passe à travailler sur un projet. Comme si ce temps non payé était mon tribut au fait que je crée ces trucs si étranges, des musées. Je trouve que je devrais être financée par l’Etat pour faire ce que je fais. Ca a une utilité sociale, c’est pour ça aussi que je supporte plein de choses insupportables.
Vendredi 20 Octobre

Marijka - cinéaste (1er volet)
par
descriptionsalicefr
le ven 20 oct 2006 19:33 CEST
Mon travail consiste à imaginer des histoires et à les réaliser en images et
en sons.
Il y a plusieurs temps très différents dans ma vie professionnelle.
Des temps où j’imagine des histoires, des temps où je les écris, des temps
où je réalise ces histoires.
Et des temps où je ne travaille pas.
En ce moment j’écris une histoire.
8 heures. Je me réveille vraiment. Depuis une demi-heure, j’entends les
voitures des employés du tribunal qui se garent sous ma fenêtre. Ils
embauchent tous les jours à huit heures. Il y a des matins, environ 4 par an
hors dimanche et vacances, où je me dis ma chance de ne pas pointer, où pour
fêter ma liberté de me lever quand je veux, je reste au lit, je prends un
livre et je lis. J’entends les voisins dans l’escalier, la douche de la
voisine du dessus, infirmière, les enfants qui vont à l’école, la factrice.
Parfois le livre m’échappe et je me contente de regarder mon plafond en
écoutant les sons de la vie.
En général je me lève autour de 8 heures.
Je travaille chez moi, dans mon bureau ou dans la salle à manger. Je ne peux
pas passer de mon lit à mon bureau, je dois faire un tour dehors avant de me
mettre au travail. Café/journal/clope dans un bar.
Quand je suis au début de l’écriture d’une nouvelle histoire, je traîne dans
le bar et j’écris là. J’écoute un peu autour, je lis les journaux. Pendant
cette période où le scénario prend corps petit à petit, je suis boulimique
de nouvelles d’ailleurs. Puis je vais au marché, je flâne autour des étals,
j’imagine un plat pour le soir, à l’étape des notes, j’aime faire la
cuisine.
À la lecture de cet emploi du temps flexible, certains vont peut-être se
dire que je suis payée à ne rien faire, je précise tout de suite : à cette
étape de mon travail d’écriture, je ne suis pas payée. Je vis de mes
économies, en général les droits d’auteur que j’ai perçus pour un film
précédant diffusé à la télévision. Je ne suis pas intermittente du
spectacle, dans les questionnaires administratifs qu’il m’arrive de remplir,
je coche la case : travailleur indépendant. Cette appellation me convient.
Mon travail sera rémunéré si cette histoire plait à un producteur, s’il
trouve de l’argent pour produire le film.
Il m’est arrivé de travailler pour rien, mais ce n’est pas du temps perdu.
Ces écrits subsistent et il m’arrive fréquemment de les retrouver, de les
faire vivre dans une autre histoire, qui elle sera peut-être payante, donc
en fait je travaille rarement pour rien ! Et de toute façon le plus
important pour moi est d’écrire ce que je veux, je pourrais sans doute
écrire à la commande, mais j’ai du mal à me plier à cet exercice. J’ai raté
les deux seuls films de commande que j’ai réalisés !
Si je fais ma moyenne annuelle, je gagne entre 1500 et 2000 euros brut par
mois.
Je reviens au travail d’écriture.
En ce moment, j’écris un scénario, le temps d’imaginer l’histoire est
terminé, je flâne moins, je rentre après le café du matin et je me mets à
l’ordi. De 9h00 à 13h environ, j’écris. Courte pause. Retour à l’ordi
jusqu’à 19h environ. J’écris souvent avec la TV allumée. Je coupe le son.
L’écriture est ponctuée de petits tours sur Internet. Comme des promenades.
Les images des autres m’aident à écrire, j’aime les web cam qui découvrent
des bouts de notre terre. L’autre jour je suis allée à Hopfn en Islande,
là-bas ils pêchent la langoustine royale, ils la dégustent avec une sauce
blanche aux asperges, personnellement je les préfère coupées en deux avec un
beurre à la coriandre et passées au grill.
Plus j’avance dans mon scénario plus le temps d’écriture augmente et
grignote sur ma vie personnelle. Je passe de moins en moins de temps avec
mon compagnon et avec mes amis, je sors peu. Les deux/trois semaines qui
précèdent la fin du scénario, en gros l’écriture des dialogues, je suis très
immergée dans l’histoire. Quand je dialogue, je joue chaque personnage,
j’adore ça, c’est un moment où j’aime bien être seule.
Actuellement, je n’en suis pas encore là, pour le moment je construis
l’histoire séquence par séquence, dans une ou deux semaines je dialoguerai,
j’ai hâte.
Je travaille mieux quand il pleut, je suis trop tentée de sortir quand il
fait beau.
Si tout va bien, dans 4 semaines j’aurai une première version de scénario.
A suivre…
Dimanche 15 Octobre

surveillance (compte-rendu d'uneconversation)
par
descriptionsalicefr
le dim 15 oct 2006 22:14 CEST
Conversation hier avec un ami qui propage ma demande de « descriptions ».
Il me dit rencontrer souvent une sorte de méfiance chez ceux à qui il en parle (je ne sais pas exactement qui sont les gens de son entourage).
Réticence liée à une difficulté à se représenter où je veux en venir avec cette collecte. Réticence aussi à livrer une description qui, même anonyme, à partir du moment où elle apparaît sur Internet donne la possibilité qu’on vous reconnaisse.
Je réfléchis à cette remarque qui m’a paru d’abord refléter seulement une paranoïa ambiante : ne parlez pas trop, n’écrivez pas, car ça peut être lu par des gens qui vous veulent du mal et tourner en votre défaveur. Jusqu’où cette entreprise, que j’envisage comme un travail d’expression personnelle et libre, peut-être se retourner en instrument de contrôle ? Contrôle sur qui de la part de qui ?
Mon interlocuteur me fait remarquer que, même si l’entreprise photographique d’Auguste Sander que je présente comme un de mes modèles n’avait rien d’un fliquage, elle a servi ensuite aux nazis – je ne le savais pas, et il n’a pas pu me dire exactement quel usage en a été fait.
Ce que j’observe pour ma part est que dans ce climat de surveillance supposée, de contrôle diffus, nous préférons souvent nous censurer nous-même au nom de ces risques que nous croyons sentir et que nous ne pouvons pas nommer.
Chacun produisant ainsi son propre empêchement à parler, à faire circuler ses idées.
Mardi 10 Octobre

un quotidien
par
descriptionsalicefr
le mar 10 oct 2006 22:53 CEST
J’ai deux métiers !! Par chance ( ?), je travaille à la maison.
Le matin, après avoir conduit mon époux au travail, j’allume mon ordinateur et
j’entreprends la rédaction d’articles destinés au quotidien pour lequel je
travaille pratiquement chaque jour. Comptes-rendus de concerts, de pièces de
théâtre d’expositions, notes de lectures, portraits d’artistes, j’ai la
chance d’avoir un travail varié, passionnant, riche. Bien entendu mes
journées, mes soirées sont ponctuées de rencontres, de conférences de
presse.. Passionnant !
Je fais partie de cette catégorie que l’on nomme travailleurs à domicile. Un
rêve pour certains, pas si rose, cependant, que l’on imagine parfois.
Travailler ainsi, à la maison, à deux pas de la cuisine, de la chambre, ne
va pas sans inconvénients. Sitôt les papiers terminés, j’abandonne les
travaux que j’aime et me transforme illico en « technicienne de surface ». A
moi balais et serpillières, dépoussiérants et autres « instruments » du genre. Cet autre travail remplaçant, bien entendu, les conversations
d’avant, lorsque j’avais de vraies collègues, près de la machine à café et
autres pots rigolos..
Au journal, je n’ai cependant que des amis, je les vois si peu souvent !!
Terminées les longues conversations, le temps manque pour les histoires et
les cancans ! C’est mieux ainsi. Quoique !!
J’ai cependant un grand ami, noir et blanc à poils long.. Tootsie, (ou
encore Bibis), est mon confident journalier. A tout moment, il surveille mon
écran s’amuse avec mon clavier, « rajoute » involontairement une lettre où
deux à mes phrases. Avec lui, j’ai de vraies conversations, de brèves
disputes. Mon chat silencieux est, au jour le jour, le meilleur des amis.
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